HumanIdentité

LITTÉRATURE INTERDITE par Dan Albertini

  • HumanIdentité

Un recueil de Patrick Charles sous le couvert des Éditions de la Francophonie rachetées du Nouveau-Brunswick. La poésie étant le moyen de culture dans une vie qui lui échappe.

Identité

Le poète haïtien refait le monde, qui l’ignore aujourd’hui, même s’il a le mal qui règne dans le cœur du téméraire, et souffre d’une douleur profonde insoumise. Alors, se l’avouer si ce n’est de la poésie afin de se le dire : j’écrivais. Que de conditions, que de postulats dixit Patrick Charles lui-même, dans ce recueil ; ce sont des pleurs sans mouchoir confondus avec la rage sourde devenue muette quand on n’est pas romancier. L’affaire n’est pas fictive en fait.

Humanidentité est ce genre, sans emprunt à Joël Des Rosiers ni à FranKétienne, qui fait de la phrase haïtienne une existence, de cette existence une vie, de cette vie un homme en général, et de cet homme-là une machine à penser. Celle-ci doit rester en Haïti dans son irrationalité afin de créer la vie au quotidien sinon c’est l’exil, et l’homme rationnel s’impose. Attention, si je dis créer la vie c’est la réalité fatale qui part de la dernière guerre de cette gestation qui a généré un état, une citoyenneté à nulle autre pareille. C’est d’ailleurs un drame en politique, car le binaire rend marron par le fait du refuge chevauché où l’on perçoit chez le penseur exo, que l’Haïtien est irrationnel. Mais on oublie le plus souvent de dire par rapport à; ainsi Patrick Charles dans Humanidentité se livre-t-il dans une forme de ‘métaspora`, pour valider cette littérature créole où l’on crée, où l’on est de la néologie violacée en boucle.

Qui est alors cet être tant ignoré, quand il se dit dans ‘mon corps : assassin de mon âme’ ?

Humain

Je soupçonne Patrick Charles sous deux aspects distincts et différents dans ce recueil. Il y a l’homme encore ensommeillé de cette société rationnelle qui brise une glace. Il y a par contre le retour du balancier qui s’attache à son terroir imaginaire, sa patrie intime (Des Rosiers).

Humanidentité

L’homme dans le train vient me chercher sans détour. Un homme dans un train, une station une évasion une solitude. Je me revois carrément février 1980, dans le métro de San Lazaro à Mexico DF. C’était ma première en dehors de la folle course dans les métros de NYC, dans le cinéma. C’est encore moi dans le métro de Montréal vers 1984 où je débarque précisément à Snowdon, mais dans le but ultime de me perdre afin de me retrouver, et poursuivre mon chemin de l’apprentissage de la ville. J’avais un point de chute, ma fiancée, donc, espoir. Dans ce texte Patrick Charles me force de préférence à Barranquilla Colombie, où j’étais perdu, été 1979. Il ne ménage cependant pas quand il rentre dans une vie privée qui va dans la pensée du lecteur, ressembler à la sienne. Je fais le pari que la critique risque de l’interroger ici-là abondamment. Je préfère taire ce spasme, vous laisser le retrouver tout seul. Troisième texte symptomatique, la dispute, sans retenir du contenu, un titre évocateur. Je ne lui vole pas son recueil, mais son travail par sa simplicité qui refuse le format de la pensée de la tragédie française en littérature colonialiste nous propose un écrivain ordinaire qui nous ressemble.

Facture

Valeur en douanes ou essai ? Il faudra attendre le prochain, car je crois que la glace est brisée. Grand amant de l’écriture, grand adepte de la formation continue, grand timide aussi et par définition tout timide est sa violence cachée autrement retenue, il y a lieu de dire que Patrick I sera d’une violence psalmique qui rejette et conserve Dieu dans un tourbillon qui ressemblera à de la volupté qui ne nous appartient. Cela créera Patrick II. On risque d’être surpris !


collaboration spéciale : cet article est publié par anticipation pour la saison des fêtes du nouvel an, par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, édition du 2 janvier 2019, en P.14 et se trouve à : http://haiti-observateur.ca/wp-content/uploads/2018/12/H-O-2-janvier-2019.pdf

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